Le temps des adieux

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Elle est née sous une bonne étoile
Mais sa vie a emprunté un autre chemin
Résignée, elle a accepté son nouveau destin
Le bonheur ne lui ressemble pas
Elle préfère être seule, dans son coin
Depuis longtemps elle y songe
À ce voyage à sens unique
Elle a déjà tout réfléchi
Ou presque
Elle a oublié la culpabilité qui la ronge
Une vidéo pour la famille
Et une lettre pour sa meilleure amie
Ah, sa meilleure amie!
Une sœur, une complice, une confidente
Si différente, et pourtant…
La seule capable de la maintenir ici
Malgré sa mince résistance, il est trop tard
Même si parfois elle y pense encore
Et si?!
Hélas, la douleur revient
Plus forte, plus coriace, plus intrusive
Cette douleur qui la mange vive
Son corps souffre en permanence
Et son esprit prend son mal en patience
Elle est résolue dans sa tête
Demain, sera le dernier jour de fête
Après, on pourra l’apercevoir
Parmi les étoiles et la poussière
En train de chanter et de danser
L’hymne de la liberté.

Filipa Moreira da Cruz

7 réflexions sur “Le temps des adieux

  1. Ce jour a les relents sombre d’un hiver qui peine a laisser la place au printemps, mais tout exorcisme poétique est salutaire, stimule l’empathie et apaise les cœurs.
    La souffrance est partie intrinsèque de l’existence humaine, et son expérience se fait hélas dès la naissance… mais pour l’œil éclairé, la souffrance polie aussi sûrement l’âme que le scaif fait briller le diamant de mille feux. Plus l’âme est grande plus elle est éprouvée.
    Que savons-nous vraiment de la Liberté ? Nous savons que la naissance est la porte qui nous introduit dans l’expérience de l’existence humaine et la mort, la porte de sortie. Mais après ? La paix totale, retour à la naissance ou encore peut-être dans un esclavagisme de l’esprit bien pire encore ? Peut-être avons nous sciemment choisi cette vie comme expérience transformatrice, comme une chenille tissant sa chrysalide pour se muer en papillon… j’aime dire que nous ne sommes pas sur terre, mais en terre ! Comme le germe perdu dans les ténèbres de la terre, qui de toute ses forces lutte dans la densité et l’obscurité de la terre, car il sait, ou plutôt il sent que la lumière n’est pas loin.
    Étant donné le caractère inéluctable de la porte de sortie, je dirais que dans le doute, piégé par notre ignorance, le meilleur choix reste de continuer chaque jour avec la foi que la lumière n’est plus très loin.
    Courage amis poètes, la mélancolie est la compagne des consciences affûtées.

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