De geração em geração

Photo : KaDDD

Enquanto o menino olha pela janela e sonha em ser ave, flor ou raposa a professora ordena:
– João, faz a lição!
Ele regressa ao i esguio e arrebitado, desejando estar lá fora, do outro lado.
O João cresceu e cortaram-lhe as asas. Esmoreceu.
Em família de doutores e engenheiros ser amigo de bicho está fora de questão!
Casou, teve filhos e deu por si a repetir:
– João, faz a lição!
Mas este miúdo tinha alma de poeta, ouvia uma melodia e pensava logo na letra.
– Podes fazer o que quiseres, mas escrever músicas, isso é que não!
Também ele entrou na forma e desempenhou a sua missão.
O pequeno João, decidido e aventureiro queria viajar pelo mundo inteiro.
– Explorador?! Isso não é profissão!
Mas este rapaz era um guerreiro, desarmou professores e desafiou a família.
Ia fazer o que bem entendia!
E quando o pai estavas prestes a dizer a fatídica frase que nunca saltara uma geração, o jovem exclamou:
– Já chega de fazer a lição, vou seguir o meu coração!

Filipa Moreira da Cruz

À contresens

Photo : KaDDD

On court, on court, on court
Après qui? Après quoi? Nul ne sait!
On gagne, on dépense, on jette, on gaspille
On écrase, on efface, on renie, on oublie

Le temps nous échappe
La famille et les amis sont que des souvenirs
D’abord le travail, il faut arriver en premier
C’est une course contre la montre
On a tous peur de ne pas réussir, d’échouer, de mourir sans avoir vécu

Et voilà que le grand méchant virus arrive pour nous dire:
il faut rester unis, il faut se préserver, il faut se confiner, il faut s’écouter

Le temps, notre ennemi, devient long et perméable
Certains retrouvent des goûts oubliés, d’autres se rendent compte que leurs proches sont toujours là
Les parents deviennent des professeurs, des psychologues, des infirmiers, des cuisiniers dignes d’une étoile Michelin

Embrasser c’est interdit, mais c’est l’amour qui va nous maintenir en vie
Et la Terre dit… merci!
Elle peut à nouveau respirer.

Filipa Moreira da Cruz

Paris, mon amour

Cidade luz, capital do amor e do sublime
Nem sei por onde começar porque não quero que termine
Foste casa, brindaste-me com amigos
Ah e viste nascer os meus filhos!
Sempre que penso em ti fico desamparada
Este namoro dura há anos e eu sem ti sou quase nada.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Une histoire simple

Photo : KaDDD

Théo a 8 ans, mais il est bien plus mature que certains enfants de son âge. Il ne croit pas au père Noël ni aux contes de fées. D’ailleurs, très tôt, il a su que tout cela a été inventé par des adultes qui refusaient de grandir. Bien-sûr, il n’ose pas partager ces arguments avec personne, surtout avec Violette, sa meilleure amie. Contrairement à lui, elle s’accroche à ses rêves de petite fille pour s’échapper de la réalité. Et quand les cris de sa mère sont insupportables et son père devient aussi violent qu’un gros ours incarcéré dans une immense cage elle traverse la rue en courant pour se fondre en larmes dans les bras de mamie Muriel, chez son meilleur ami. À cet instant, elle comprend que ses gâteaux faits maison sont capables de guérir presque tous les bobos.

Théo aime Violette, comme une sœur. Souvent ils ne font qu’un. Mais quand il n’a pas envie d’écouter ses théories sur le monde il se refugie dans sa chambre, en la laissant dans le petit salon avec sa grand-mère. Elle aussi est faite en acier, mais a un cœur en coton. Il est persuadé que c’est mamie Muriel qui a appris à sa maman tous ces trucs pour devenir invincible. Il l’a voit bien, plus jeune, en train de courir derrière les méchants pour sauver le monde. Il n’a jamais connu son père. D’après les deux générations de femmes qui habitent chez lui c’est mieux comme ça. Néanmoins, il aime imaginer que son progéniteur est un espion qui ne pourra jamais révéler son identité pour protéger sa famille.

Il faut dire que Théo est persuadé que certains adultes ont des super pouvoirs. Pas comme les personnages Pokémon ou Fantômas. (Mamie Muriel l’a fait découvrir tous les films de Louis de Funès). Ce sont des gens normaux, mais dès que la nuit tombe, ils se transforment. Et sa mère en fait partie! Elle quitte la maison quand il dort et rentre à l’aube, tous les jours. Il est certain, même si elle ne l’avouera jamais pour ne pas mettre en danger ceux qu’elle aime, Marina Le Roy est un agent secret.

Photo : KaDDD

Marina n’a que 28 ans, mais elle se sent déjà vieille, hors de son temps. Petite elle était belle, avec sa cascade de boucles dorées qui tombaient jusqu’aux épaules, ses grands yeux couleur miel et son nez espiègle. Bonne élève, elle était aussi douée pour le dessin et adorait écrire des histoires. Contrairement à ses camarades de classe, elle aimait l’école. C’était à la maison qu’elle avait peur d’y rester. Elle ne s’est jamais sentie en sécurité dans le petit HLM de cette ville en banlieue sale et peuplée d’individus agressifs et sans pitié. Chaque matin, elle était la première à arriver et la dernière à partir. Sa maîtresse en était fière sans jamais se poser des questions. À croire qu’elle aurait préféré vivre à l’école.

Quand elle a appris qu’elle était enceinte elle a tout de suite su ce qu’il fallait faire: impossible d’avoir un bébé. Elle était trop jeune et venait de décrocher un petit boulot dans une boulangerie. Pendant quelques semaines elle a caché cette grossesse qui la dérangeait. Mais, quand le temps est venu, elle n’a pas pu! Elle n’osait pas tuer cette petite chose qui grandissait dans son ventre. Théo est arrivé un 7 mai ensoleillé pour basculer son monde, changer son code de conduite, remplir ce grand vide, réclamant de l’affection qu’elle craignait être incapable de lui donner.

Contre toutes ses atteintes, elle se montre dévouée à ce petit bébé si fragile et, au même temps, plein d’énergie et de force. Elle a du quitter son petit appartement à deux pas du Sacré Cœur. Pas question de vivre en colocation avec un enfant! Et la voilà, de retour dans cette ville qu’elle haie. Là, où on n’est plus à Paris, mais pas encore dans un autre endroit paisible. À mi-chemin entre ce qu’il aurait pu être et ce qu’il ne sera jamais existe un espace remplie d’immeubles laids avec des gens qui ont désisté de la vie.

Marina avait l’espoir que son quartier d’enfance aurait un peu changé. Au long du trajet, dans le métro, elle imaginait des parcs, un petit lac, des maisons de différentes couleurs. Elle y croyait, car elle en avait besoin. Sa mère ne s’est pas montrée très tendre et le reprochait d’avoir gâché sa vie. Elle se revoit dans sa fille quand elle aussi a du quitter la campagne pour ne pas être mise à l’écart. Un enfant à 18 ans avec le fils de monsieur le Maire. Elle n’a pas honte cette pauvre gamine!

Théo a réussi à les rapprocher. Ce petit garçon a même était capable de guérir les plaies ouvertes depuis longtemps. Un miracle de la vie!

Et quand Marina se sent perdue elle demande à sa mère :

– Et maintenant, ont fait quoi?

– On continue à vivre comme depuis 8 ans. – lui répond Muriel avec un discret sourire, car elle sait qu’il ne faut pas trop abuser du bonheur.

Filipa Moreira da Cruz

O meu bairro

Saint-Servan, praia Bas Sablons, torre Solidor
O meu bairro é mágico e especial
Areia dourada, água esmeralda
Do dia para a noite a paisagem muda de cor
Jogo de contrastes
Espelho de segredos.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Porto como te quero

Cidade invicta, no norte de Portugal
Gente autêntica, acolhedora e natural
No Porto sinto-me em casa, embora não gostem que diga que sou alfacinha
Guardo o segredo porque sei que também és minha.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Saint-Malo

Cité corsaire de onde saiu Jacques Cartier para o Canadá
Lugar que acolhe quatro estações num dia
Praia que invade a cidade
Ou cidade que engole a praia
Barcos que chegam e que partem
Pensei estar de passagem
Mas quando dei por mim já lhe chamava casa

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Le nuage gris

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Elle n’arrivait pas à se débarrasser du nuage gris qui dansait au-dessus de sa tête. Invisible, nocif, puissant. Elle s’amusait à chercher des failles chez les autres pour oublier ses propres blessures, si profondes.

Il avait le soleil dans son cœur et les personnes autour de lui se nourrissaient de la lumière qu’il émanait. Sa démarche était si légère comme une caresse en été.

Un jour, il quitta ce monde sans faire de bruit. Épuisé, transparent et vidé de l’énergie qui a, longtemps, réconforté les âmes égarées.

Elle rentra dans une spirale auto destructrice pour se punir. Elle l’aimait, mais n’a jamais osé lui dire et encore moins le démontrer.

Le manque d’affection, les mots qui blessent, les gestes brusques l’auraient-ils le tuer? Elle en est presque sûre et pourtant, n’arrive toujours pas à se débarrasser de ce maudit nuage gris qui danse constamment au-dessus de sa tête.

Filipa Moreira da Cruz

Alma

Photo : KaDDD

Ó alma desgarrada
Que andas por aí à solta.
Tropeçando nos desvarios de tanta gente louca.

Arranca-me deste corpo,
Eu a ti já não pertenço.
Quero sobrevoar o mundo
Para visitar o que já não conheço.

Tristes aqueles que sabem tudo
E mais infelizes ainda os que não querem ver.
O universo é infinito, mas o fim está tão perto…

No deserto, nas montanhas, nos rios
E por esse mar adentro
O ter já deixou o ser.

Somos pequenos e insignificantes
E enchemos de nada coisa nenhuma.
Ó alma desgarrada,
Une-te a mim e sejamos uma!

Filipa Moreira da Cruz

L’encre et l’écrivain

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Plume, stylo ou crayon
Les chagrins deviennent du bonheur
Les doigts qui glissent
Sur le clavier de l’ordinateur
Ou ceux qui dansent au son
Du rythme frénétique
D’une vieille machine à écrire

Le cœur s’accélère
Le sang frappe la tête
D’un coup violent
Les gouttes de sueur
Effleurent mon front
La respiration s’arrête
Le temps d’une pensée

L’inspiration est autant
Divine que capricieuse
Hélas, un mot!
Qui donne de l’existence
À toute ma vie
Je suis libre à nouveau
Et je m’en réjouis.

Filipa Moreira da Cruz

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :