Une histoire simple

Photo : KaDDD

Théo a 8 ans, mais il est bien plus mature que certains enfants de son âge. Il ne croit pas au père Noël ni aux contes de fées. D’ailleurs, très tôt, il a su que tout cela a été inventé par des adultes qui refusaient de grandir. Bien-sûr, il n’ose pas partager ces arguments avec personne, surtout avec Violette, sa meilleure amie. Contrairement à lui, elle s’accroche à ses rêves de petite fille pour s’échapper de la réalité. Et quand les cris de sa mère sont insupportables et son père devient aussi violent qu’un gros ours incarcéré dans une immense cage elle traverse la rue en courant pour se fondre en larmes dans les bras de mamie Muriel, chez son meilleur ami. À cet instant, elle comprend que ses gâteaux faits maison sont capables de guérir presque tous les bobos.

Théo aime Violette, comme une sœur. Souvent ils ne font qu’un. Mais quand il n’a pas envie d’écouter ses théories sur le monde il se refugie dans sa chambre, en la laissant dans le petit salon avec sa grand-mère. Elle aussi est faite en acier, mais a un cœur en coton. Il est persuadé que c’est mamie Muriel qui a appris à sa maman tous ces trucs pour devenir invincible. Il l’a voit bien, plus jeune, en train de courir derrière les méchants pour sauver le monde. Il n’a jamais connu son père. D’après les deux générations de femmes qui habitent chez lui c’est mieux comme ça. Néanmoins, il aime imaginer que son progéniteur est un espion qui ne pourra jamais révéler son identité pour protéger sa famille.

Il faut dire que Théo est persuadé que certains adultes ont des super pouvoirs. Pas comme les personnages Pokémon ou Fantômas. (Mamie Muriel l’a fait découvrir tous les films de Louis de Funès). Ce sont des gens normaux, mais dès que la nuit tombe, ils se transforment. Et sa mère en fait partie! Elle quitte la maison quand il dort et rentre à l’aube, tous les jours. Il est certain, même si elle ne l’avouera jamais pour ne pas mettre en danger ceux qu’elle aime, Marina Le Roy est un agent secret.

Photo : KaDDD

Marina n’a que 28 ans, mais elle se sent déjà vieille, hors de son temps. Petite elle était belle, avec sa cascade de boucles dorées qui tombaient jusqu’aux épaules, ses grands yeux couleur miel et son nez espiègle. Bonne élève, elle était aussi douée pour le dessin et adorait écrire des histoires. Contrairement à ses camarades de classe, elle aimait l’école. C’était à la maison qu’elle avait peur d’y rester. Elle ne s’est jamais sentie en sécurité dans le petit HLM de cette ville en banlieue sale et peuplée d’individus agressifs et sans pitié. Chaque matin, elle était la première à arriver et la dernière à partir. Sa maîtresse en était fière sans jamais se poser des questions. À croire qu’elle aurait préféré vivre à l’école.

Quand elle a appris qu’elle était enceinte elle a tout de suite su ce qu’il fallait faire: impossible d’avoir un bébé. Elle était trop jeune et venait de décrocher un petit boulot dans une boulangerie. Pendant quelques semaines elle a caché cette grossesse qui la dérangeait. Mais, quand le temps est venu, elle n’a pas pu! Elle n’osait pas tuer cette petite chose qui grandissait dans son ventre. Théo est arrivé un 7 mai ensoleillé pour basculer son monde, changer son code de conduite, remplir ce grand vide, réclamant de l’affection qu’elle craignait être incapable de lui donner.

Contre toutes ses atteintes, elle se montre dévouée à ce petit bébé si fragile et, au même temps, plein d’énergie et de force. Elle a du quitter son petit appartement à deux pas du Sacré Cœur. Pas question de vivre en colocation avec un enfant! Et la voilà, de retour dans cette ville qu’elle haie. Là, où on n’est plus à Paris, mais pas encore dans un autre endroit paisible. À mi-chemin entre ce qu’il aurait pu être et ce qu’il ne sera jamais existe un espace remplie d’immeubles laids avec des gens qui ont désisté de la vie.

Marina avait l’espoir que son quartier d’enfance aurait un peu changé. Au long du trajet, dans le métro, elle imaginait des parcs, un petit lac, des maisons de différentes couleurs. Elle y croyait, car elle en avait besoin. Sa mère ne s’est pas montrée très tendre et le reprochait d’avoir gâché sa vie. Elle se revoit dans sa fille quand elle aussi a du quitter la campagne pour ne pas être mise à l’écart. Un enfant à 18 ans avec le fils de monsieur le Maire. Elle n’a pas honte cette pauvre gamine!

Théo a réussi à les rapprocher. Ce petit garçon a même était capable de guérir les plaies ouvertes depuis longtemps. Un miracle de la vie!

Et quand Marina se sent perdue elle demande à sa mère :

– Et maintenant, ont fait quoi?

– On continue à vivre comme depuis 8 ans. – lui répond Muriel avec un discret sourire, car elle sait qu’il ne faut pas trop abuser du bonheur.

Filipa Moreira da Cruz

O meu bairro

Saint-Servan, praia Bas Sablons, torre Solidor
O meu bairro é mágico e especial
Areia dourada, água esmeralda
Do dia para a noite a paisagem muda de cor
Jogo de contrastes
Espelho de segredos.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Porto como te quero

Cidade invicta, no norte de Portugal
Gente autêntica, acolhedora e natural
No Porto sinto-me em casa, embora não gostem que diga que sou alfacinha
Guardo o segredo porque sei que também és minha.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Saint-Malo

Cité corsaire de onde saiu Jacques Cartier para o Canadá
Lugar que acolhe quatro estações num dia
Praia que invade a cidade
Ou cidade que engole a praia
Barcos que chegam e que partem
Pensei estar de passagem
Mas quando dei por mim já lhe chamava casa

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Le nuage gris

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Elle n’arrivait pas à se débarrasser du nuage gris qui dansait au-dessus de sa tête. Invisible, nocif, puissant. Elle s’amusait à chercher des failles chez les autres pour oublier ses propres blessures, si profondes.

Il avait le soleil dans son cœur et les personnes autour de lui se nourrissaient de la lumière qu’il émanait. Sa démarche était si légère comme une caresse en été.

Un jour, il quitta ce monde sans faire de bruit. Épuisé, transparent et vidé de l’énergie qui a, longtemps, réconforté les âmes égarées.

Elle rentra dans une spirale auto destructrice pour se punir. Elle l’aimait, mais n’a jamais osé lui dire et encore moins le démontrer.

Le manque d’affection, les mots qui blessent, les gestes brusques l’auraient-ils le tuer? Elle en est presque sûre et pourtant, n’arrive toujours pas à se débarrasser de ce maudit nuage gris qui danse constamment au-dessus de sa tête.

Filipa Moreira da Cruz

Alma

Photo : KaDDD

Ó alma desgarrada
Que andas por aí à solta.
Tropeçando nos desvarios de tanta gente louca.

Arranca-me deste corpo,
Eu a ti já não pertenço.
Quero sobrevoar o mundo
Para visitar o que já não conheço.

Tristes aqueles que sabem tudo
E mais infelizes ainda os que não querem ver.
O universo é infinito, mas o fim está tão perto…

No deserto, nas montanhas, nos rios
E por esse mar adentro
O ter já deixou o ser.

Somos pequenos e insignificantes
E enchemos de nada coisa nenhuma.
Ó alma desgarrada,
Une-te a mim e sejamos uma!

Filipa Moreira da Cruz

L’encre et l’écrivain

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Plume, stylo ou crayon
Les chagrins deviennent du bonheur
Les doigts qui glissent
Sur le clavier de l’ordinateur
Ou ceux qui dansent au son
Du rythme frénétique
D’une vieille machine à écrire

Le cœur s’accélère
Le sang frappe la tête
D’un coup violent
Les gouttes de sueur
Effleurent mon front
La respiration s’arrête
Le temps d’une pensée

L’inspiration est autant
Divine que capricieuse
Hélas, un mot!
Qui donne de l’existence
À toute ma vie
Je suis libre à nouveau
Et je m’en réjouis.

Filipa Moreira da Cruz

Sangue, suor e lágrimas

Photo : KaDDD

Durante os quase 8 anos que vivi em Paris conheci vários libaneses, tendo ficado amiga de alguns. Recordo-me bem do dono da padaria no XVIème arrondissement e nunca me esquecerei do médico que trouxe ao mundo os meus dois filhos. Os libaneses não viram as costas à pátria e têm prazer em partilhar as histórias e tradições do seu país. Todos eles têm um traço em comum: o sentido de humor. Normal, tratando-se de pessoas que nasceram numa terra, há muito, assombrada por desgraças, reconhecem. Rir é mesmo o melhor remédio.

Deliciei-me com Caramel, ri e chorei com Et maintenant, on va où? e não fiquei indiferente à história de Capharnaüm. Três filmes da realizadora libanesa Nadine Labaki que também fazem do humor a arma mais poderosa para enfrentar as adversidades. Bofetada de luva branca aos analfabetos do amor. Uma contracorrente à iliteracia das emoções.

O Líbano tornou-se, oficialmente, independente em 1943, mas as fortes ligações a França mantêm-se até hoje. Conhecido, durante as décadas de 50 e 60, como a “Suíça do Médio-Oriente” devido ao seu desenvolvimento económico, o país viu-se, desde cedo, massacrado pelas tensões sociais que surgiram logo após a criação do Estado de Israel e que teimam em perdurar. Os mais jovens reclamam laicidade, algo difícil num país com 18 religiões reconhecidas oficialmente. 95% da população é árabe, mas 40% não são muçulmanos. Muitas vezes, o culto divide em vez de unir.

A subida drástica da inflação nos últimos anos, a instabilidade política e social e o aumento do desemprego tornam a vida no Líbano numa missão quase impossível. E quando já todos pensavam que pior não podia existir, uma tragédia (evitável) desfigura Beirute. Neste país que vive a ferro e fogo o agora é urgente porque o futuro é mais do que incerto. Nesta terra que parece ter sido esquecida por Deus, como me comentou um amigo, sangue, suor e lágrimas são o pão nosso de cada dia.

Acidente ou ato deliberado? O governo já prometeu investigar as causas das explosões e responsabilizar os culpados. Vários trabalhadores do porto de Beirute estão em prisão domiciliária. Mas todas as panaceias serão insuficientes porque o mal já está feito. Falhou a prevenção, fizeram-se ouvidos moucos às denúncias feitas por peritos. Restam as duas semanas de estado de emergência para enterrar os mortos, cuidar dos feridos, limpar as ruas, enxugar as lágrimas, arregaçar as mangas e renascer. Os libaneses fazem-no desde que são gente. Ou não tivessem no centro da sua bandeira o cedro, símbolo de força, resistência e crescimento.

O resto do mundo assiste horrorizado às imagens partilhadas na internet e alguns pensam que isto só acontece aos outros. Para muitos, o Líbano está longe da vista e, portanto, longe do coração. No entanto, este “acidente” não é um caso isolado. Uma fábrica, em Toulouse, explodiu em 2001 e outra no Texas em 2013, em circunstâncias semelhantes. Convém dizer que o nitrato de amónio que provocou as duas explosões em Beirute é um fertilizante muito utilizado na agricultura e na construção. O porto de Saint-Malo, no noroeste de França, cidade onde vivo atualmente, acolhe entre 40.000 a 60.000 toneladas de nitrato de amónio por ano. Há também quem utilize esta substância para o fabrico de bombas artesanais.

Os países ocidentais enviam ajuda humanitária, medicamentos e víveres. Insistem em divulgar o número de vítimas americanas, francesas, portuguesas, alemãs… Como se certas vidas valessem mais do que outras. Como se embaixadores, médicos, arquitetos ou engenheiros fossem mais importantes que professores, cozinheiros ou mecânicos. No meio do cenário apocalíptico só há uma certeza: a raça humana é o único inimigo.

Filipa Moreira da Cruz
Agosto 2020

Insomnia

Photo : KaDDD

My eyes are wide shut whilst my spirit is still awake
I cannot sleep, I’d rather prefer writing
Words are dancing in my head
No purpose on resting
Rimes are growing instead
It’s useless fighting

I hear voices, screams and despair
I see children playing in the park
My imagination takes me everywhere
Pirates, cowboys, trees and birds
I try to reach the old lady lying in the dark
Everything is so real that it hurts

My restless body is in pain
I cannot sleep. I’de rather prefer writing
My brain keeps whispering a refrain
My eyes are wide open but my spirit is snoozing
And when my phone rings in the morning
I just pretend I’m still dreaming.

Filipa Moreira da Cruz

Berço de Portugal

D. Afonso Henriques prometeu e cumpriu
Daria aos portugueses o que era seu
Por amor à pátria derrotou a própria mãe
Também destes feitos um país tem
1128 ficará para sempre na História
E a vitória de S. Mamede não se apaga da memória
Aqui nasceu Portugal…
Guimarães.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

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