De la Bretagne avec amour

Conversa da treta!

« Oh ma pauvre, vous avez un drôle d’accent! »
Pauvre?! Je suis riche d’aventures, d’expériences et de souvenirs.
Un accent?! J’en ai cinq comme les langues que je parle.
Cela pourrat être pire.
Je collectionne les montres et je suis déjà à 108, rangées dans des boîtes en bois.
Alors pour les accents il y a de quoi faire.
« Vous êtes de quelle origine? »
Je suis de partout et de nulle part…
El mundo es un pañuelo.
Je suis le vent, la mer, le sable et les étoiles.
Je suis le soleil et la lune.
Je suis les jours heureux et les tristes aussi.
« Mais pourquoi la France? »
Pourquoi pas?!
La France, je l’aime toute entière.
Quant à certains français c’est une autre histoire.
Le monde est vaste et mes pieds m’emmènent loin.
Pour l’instant, je reste chez vous mon cher.
Either you like it or not.
Après.. on verra!
Kenavo!

Les discussions avec les « purs » français sont épuisantes et vides.
Heuresement, nous avons les belles photos de la Bretagne pour consoler l’âme.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Achtung!

Reprise

Déracinés
Désenchantés
Désorientés
Désintégrés
Dénudés
Démotivés
Déboussolés
Désespérés
Désordonnés
(Dés)armés
Déconnectés
Désemparés
Dérangés
Des…humains.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz et KaDDD

Monsieur Distrait

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Monsieur Distrait
Ne s’excuse jamais
Sauf quand il se trompe
Oh, le pauvre!
Pourquoi faire?
Le monde est déjà de travers
Monsieur Distrait
Perd pied
Il ne voit personne
Et plus rien ne l’étonne
Il vit dans son monde
Tel un vagabonde
Monsieur Distrait
C’est exactement ce qu’il fait
Ce sont les autres
Qui se trompent
Car ils vivent d’apparences
Monsieur Distrait
Rend les jours de pluie gais
Il sait que la vie
Est maintenant et ici
Monsieur Distrait
Ne croit pas au rejet
Il poursuit ses rêves
Son esprit n’est jamais en grève
Monsieur Distrait
Dort comme un bebé
Son corps est léger et son âme est en paix.

Filipa Moreira da Cruz

Dérision

Photo : KaDDD

J’ai une étrange sensation de déjà-vu
Qui accompagne l’eternelle déformation
D’une réalité désossée

Les gens manquent de délicatesse
Pourvu que la défaite
Ne devienne pas un désarroi
Sinon le détachement
Conduira au désespoir

Il y aura un décalage
Entre le devoir et le dégoût
Mais, j’attends toujours le dépaysement
Qui me fera accepter des véritables défis
Dans le cas contraire, arrivera la démence

Allez, on fonce sans penser aux dégâts!
De toute façon, le monde est devenu
Corrompu de la fin jusqu’au début.

Filipa Moreira da Cruz

Âme vagabonde

Reprise

La douceur de mon enfance à Lisboa
Saudades da vida boa!
La jeunesse loca à Barcelona
Et après, la suavidad à Girona
Il primo bacio à Roma
Enveloppé par un forte aroma
I ricordi volano come una colomba
My american dream came true in New York
Sans regrets ni remords
Une soeur à Atlanta
Allez, on y va?
Un certain été à Porto
Il faisait si beau!
Et que dire de Torino
Andiamo fare un giro?
Une vie parallèle à Paris
Je ferme les yeux et j’y suis
Un deuxième chez moi à London
Un inoubliable automne à Boston
Oh my God!
Trois fois à Venezia
Glamour e sottigliezza
Les nuits étoilées à Annecy
Le bonheur est servi!
Un tour de manège à Genève
Sous le froid et la neige
Un carnaval de folie à Rio
La fiesta à Ciudad de Mexico
Un festival de cinéma à Donostia
Roméo et Juliette à Verona
Une promenade en bateau à Copenhagen
Avec toi, le tandem
La Tosca à Prague
Ce n’est pas une blague!
Un hiver à Strasbourg
Je connais bien mon parcours
Twice in Stockholm
Far away from home
Uma aventura à Salvador da Bahia
Une âme perdue à Cracovia
Dans le sud, à Nice
Le soleil n’est pas un caprice
La plus belle amitié à Berlin
Une parenthèse à Dublin
Le temps d’une dernière Guinness
Oh happy…mess!
Le monde est vaste
Et je suis une incorrigible enthousiaste
Je le veux tout entier
Ses lacs, ses montagnes, ses villes, ses sentiers
Sans oublier le plus important
Les gens!
Et Saint-Malo, alors?!
Chut… j’en profite, encore!

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz



Saint-Brieuc

Les larmes qui coulent sont amères, mais plus amères celles qui ne coulent pas.

Proverbe breton

Le fou se figure que les autres sont plus fous que lui.

Proverbe breton

Entre le vieillard et l’enfant, il n’y a que la vie. Et la vie est si peu !…

Proverbe breton

Si tu prends le monde comme il vient, il te prendra doucement.

Proverbe breton

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Parcours scentimental

Je quitte Saint-Malo à l’aube
Je ne suis plus d’ici, je m’envole
Tel un Christophe Colomb contemporain
Je ne pense plus au lendemain
Je rejoint ma famille à Londres
Les retrouvailles ne durent qu’une seconde
Je parcours la forêt enchantée de Brocéliande
Je retourne à Montreux et je me sens vivante
Je pars à l’aventure dans les terres de l’oncle Sam
Cette fois, je tente ma chance à Montana
Je n’oublie pas mon ami Paul
On fera un tour en bateau jusqu’à Monaco
Je ne me sens pas sexy et cela m’est égal
Au fond de moi, je suis une sentimentale!

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Trois jours à tuer

Reprise

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Et si on avait que trois jours à tuer?
Et si on arrêtait de courir, de souffrir?
Et si on devait tout finir aujourd’hui?
Et si tout ce qu’on a est ici?
Et si on avait le pouvoir de sauver le monde?
Et si on était comme quiconque?
Et si l’univers n’existait plus?
Et si tous les autres étaient disparus?
Et s’il nous restait que trois jours?
Je ferme les yeux en pensant à mon parcours
Et si hier était déjà trop tard pour t’adoucir?
Pour tout faire, tout apprendre, tout réussir?
Et si je m’en fiche et je fais semblant?
Et s’il n’y aura plus de lendemain?
Je défie le temps
Et je vis chaque instant.

Filipa Moreira da Cruz

Coup de vent

Photo : KaDDD

Il ne rentre pas dans le moule
Il s’éloigne de la foule
Il ne remplit aucune case
Il s’efface, il s’écrase
Il ne croit à personne
Les mauvais coups, il les collectionne
Il a oublié la gaité et la légèreté
Il est souvent contrarié
Il se culpabilise
Et les autres l’utilisent
Il a perdu l’espoir
Il est devenu la bête noire
Il pense à quitter ce monde
Si laid, si immonde
Mais souvent, il change d’avis
Il se reprend en main et réagit
Il a compris qu’il n’est pas seul
Au long de la traversée de son deuil
Il a encore ses plus chers amis
Et cela le suffit!

Filipa Moreira da Cruz

Le goéland méchant

Il nous observe
Avec son regard impassible
Il nous nargue
Avec sa cruauté assumée
Il nous défie
Avec sa force indéniable
Il nous espionne
Il nous chasse
Il nous mange
Il nous recrache
Pas besoin d’alliés
Il se suffit à lui seul
Des bebés, des moins jeunes
Des vieux, des moines
Tout y passe!
Cette machine à tuer
Se prête à ce jeu cruel
La folie des grandeurs
Reste sa devise
Et à la fin?
Nulle lui résiste.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz