La vie s’en passe

Cage de peurs
Peurs en cage
Rage d’amour
Amour en rage
Page blanche
Blanche sans page
Otage des sentiments
Sentiments en otage
Partage de folie
Folie en partage
Adage de tendresse
Tendresse en adage
Apprentissage de vie
Vie en apprentissage
Décrochage en douceur
Douceur en décrochage
Miettes d’héritage
Héritage en miettes
Décollage d’âme
Âme en décollage
Valse dans les étoiles
Étoiles en valse.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

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Douce vie

Reprise

La douceur se cache des regards indiscrets
Car rares sont ceux qui osent la toucher
Le bonheur appartient aux libres d’esprit
Mais la plupart des hommes vivent dans le déni
Les âmes vagabondes survolent le monde
Et sont prisonnières d’une tristesse profonde.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Ceci n’est pas une poire

Reprise

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Le ciel n’est pas bleu
Ni jaune le soleil
Les nuages ne sont pas blanches
Et l’herbe n’est pas verte non plus
Aujourd’hui c’est encore hier
Mais demain ne sera pas aujourd’hui
Mes larmes ne sont pas de tristesse
Et ce sourire n’est pas fruit du bonheur.

Filipa Moreira da Cruz



Corps

Reprise

Tatoué
Immaculé
Gavé
Affamé
Noir
Blanc
Musclé
Mou
Convoité
Négligé
Petit
Grand
Boudiné
Affiné
Jeune
Vieux
Abimé
Préservé
Lisse
Rugueux
Aimé
Détesté
Mutilé
Intact
Montré
Caché
Abandonné
Chouchouté
Violé
Épargné
Travesti
Investi
Déchiré
Entier
Habillé
Nu
Debout
Couché
Délassé
Transporté
Masculin
Féminin
Beau
Laid
Sale
Propre
Vivant
Mort.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Un bonheur inattendu

Reprise

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Soudain, tu es devenu un nom qu’on a sur le bout de la langue, mais qui ne sort jamais de sa capsule hermétique. J’ai digéré aisement notre séparation. C’est étrange. J’ai même procuré une sensation de bien-être. Une légèreté immédiate. Merci!

Le soleil ne se cache plus derrière les nuages épais. Il brille sans aucune pudeur rechauffant les âmes égarées. Le ciel a récuperé ce bleu dense qui lui va si bien.
Les feuilles, autrefois mortes, dansent sous mes pieds à un rythme effréné, me rappelant que la vie n’est qu’un soupir. Le vert est toujours là et il me fait un clin d’oeil pour que je garde l’espoir. Toujours.

Quant à l’invention d’un bonheur véritable, elle se fera dans le secret. La culpabilité ne doit pas être encoragée. Je serais forcée de ralentir et la paresse deviendra ma meilleure amie jusqu’à ce que fasse le deuil de ma vie d’avant.

Filipa Moreira da Cruz




« En lo puro no hay futuro »

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Je parle, tous les jours cinq langues. Au travail, avec mes amis et aussi ma famille. J’ai cinq accents. Je prends des décisions en anglais, je rale en français, je chante en espagnol, je me fâche en portugais et je rêve en italien. Parfois, ces langues dansent dans ma tête et alors mon cerveau décide d’injurier en espagnol, d’écrire en anglais ou de divaguer en français.

J’ai remarqué que j’ai surtout cinq personnalités! En anglais je suis pragmatique. Ready? Let’s go! En espagnol je suis décomplexée et naturelle. ¡Al mal tiempo buena cara! En portugais je suis nostalgique. Ai, as saudades! En italien je suis rêveuse et optimiste. Farfalle e colori. Et en français… je suis coincée! Bonjour madame. Je vous en prie. Merci beaucoup. Bonne journée.

« Pourquoi faire simple quand on peut compliquer? » Telle est la devise française. Trop de sous entendus, trop de paperasse à remplir, trop de mots à double sens, trop d’adjectifs, trop de verbes irréguliers, trop de subtilités, trop de portes à frapper et très peu de réponses. Et pourtant, cette langue je l’aime! Presque aussi que la mienne et plus que toutes les autres.

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Le français me fait rire, pleurer, aimer, rêver, avancer. Le français nourrit mon âme et il habite sous ma peau. Il me murmure de douces mélodies à l’oreille. Il me berce quand je m’endors et il m’embrasse tendrement dès mon réveil. Parfois, on se fâche. En voilà quelques exemples : quand je fais des fautes, quand je ne comprend pas les blagues, quand je n’arrive pas à m’exprimer comme j’aurais voulu. Heureusement, ces moments ne me découragent pas. Après tout, il faut se lancer!

Et croyez-moi, je me lance sans peur du ridicule. Pire, je ris de mes propres betises. Pendant des années je disais « qui aime bien chatouille bien ». Jusqu’au jour (miracle!) où un être bienveillant m’a rappelée à l’ordre. Il était temps! Néanmoins, je continue à préférer chatouiller, car la châtiment ne me vas pas.

Et à tous ceux qui me disent « vous avez un accent! » je réponds « j’en ai cinq et c’est ça qui fait ma force ». Et pour mettre un peu de couleur (il en faut dans ce monde parfois gris) je peux mélanger toutes les langues dans la même phrase faute de mieux. Comment traduire « saudade »? Quelle est la meilleure expression pour « ti voglio bene »? Et comment dire « straightforward » ou « chapuza » tout simplement?

La langue française est encore plus capricieuse ou peut-être c’est moi la feignante. Par conséquence, « ras-le-bol », « pied-à-terre » ou « dépaysment » restent inchangés, car je suis incapapable de trouver leurs synonymes dans une autre langue. Des cousins oui, mais pas de frères jumeaux. Figurez-vous que cela m’arrange bien. Como cantaba Jarabe de Palo « en lo puro no hay futuro, la pureza está en la mezcla ». Tú si que sabías Pau.

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Filipa Moreira da cruz

Là-haut!

Quand je marche je regarde en haut. Je me rechauffe sous le soleil, je bois le bleu du ciel, je joue au cache-cache avec les nuages. La première fois que je suis allée à New York cela m’a couté un bon torticolis. Et n’en parlons pas du caca des chiens souvent collé à la semelle de mes chaussures. Il paraît que cela porte du bonheur… En tout cas pour moi, c’est inévitable! Et le manque d’odorat ne me permet même pas de m’en rendre compte. Je me promène heureuse sans savoir que ca cadeau mou et pestilent m’accompagne partout. La vie est bien faite!

Je suis distraite et maladroite par nature. Pierre Richard en version féminine. Souvent, les gens pensent que je fais exprès. S’ils savaient que ne reconnais personne dans la rue. Je vois mal, je perds l »équilibre, je n’ai aucun sens d’orientation. Mes pieds en souffrent : deux fois cassés et des entorses à répétition.

C’est peut-être pour tout cela que j’aime les villes géometriques avec de grandes artères, des avenues parallèles et des rues perpendiculaires. On dirait presque que tout a était déssiné avec une règle et une équerre, rien que pour moi!

Je m’y retrouve à Barcelona, à Dublin, à New York, à Londres, à Paris. En revanche, je me perds dans mon propre pays! Au Portugal ils ont voulu être origineaux et n’ont suivi aucune logique. C’est charmant, mais pas du tout fonctionnel.

Ah Paris! La ville où je me sens chez moi! Pas d’artifices ni de pièges. Même quand je pense m’être égarée voilà que je retrouve mon chamin. Tout m’est familier. Et puis, j’ai mes repères bien à moi. Une porte, la street art, une fenêtre, l’enseigne d’un magasin… J’aime me perdre en sachant que je ne suis pas loin de la destination. J’emprunte des passages, des tunnels, des petits chemins. Je traverse des ponts et j’embrasse les deux rives. Pas de jalousie mesdames.

Je marche, je cours (pas trop, sinon je me casse la figure!), je danse, je scrute, je me balade. Et je regarde en haut. Toujours.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Interlude

Forever is composed of nows.

Emily Dickinson

Time is a great teacher, but unfortunately it kills all its pupils

Hector Berlioz

Unfortunately, the clock is ticking, the hours are going by. The past increases, the future recedes. Possibilities decreasing, regrets mounting

Haruki Murakami
Photo : Filipa Moreira da Cruz

En plein coeur de toute difficulté se cache une possibilité.

Albert Einstein

Veuiller n’est au fond pas autre chose que n’avoir plus peur de son passé.

Stefan Zweig

Notre vrai malheur, pourtant, n’est pas ce que les ans nous volent mais ce qu’ils laissent en partant.

William Wordsworth

Une parenthèse bretonne

Défions la mort
En croquant chaqu’instant
De la vie.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Disconnected

I will survive!

Photo : Filipa Moreira da Cruz

My brand new phone has been stolen. Damn it! I miss reading your posts early in the morning, while drinking a cup of green tea. I miss your amazing pictures too!
I usually schedule my publications in advance because my mind never sleeps. I like to antecipate, just in case… Unfortunately, during the week I can’t go through WordPress on my laptop as much as I wish, so I’ll catch up during the weekend.

Nunca pensei que me sentisse tão vazia sem o telemóvel! Quase toda a minha vida cabe na palma da mão. É assustador! O meu Samsung novo foi roubado e esta despesa imprevista, mesmo antes das férias, não vinha nada a calhar! Enfim… podia ter sido pior! Tenho saudades de enviar-vos emojis e de ler-vos logo pela manhã. Regressarei em breve!

Après le vol de mon portable (tout beau, tout neuf) les derniers jours ont été épuisants. Porter plainte à la police, bloquer la carte SIM, changer le mot de passe de tous les comptes… Oui, je suis tellement naïve que je n’ai jamais songé à avoir des codes de verrouillage et déverrouillage. Les matins ne sont plus les mêmes sans vos publications. Le parcours du bus jusqu’au travail a perdu sa grâce. Pourvu que je trouve un remplaçant à mon Samsung vite!

¡Al mal tiempo, buena cara! Me tocan unos días sin móvil, sin emojis, sin mensajes, sin WordPress desde la mañana. La convivencia con mi segundo Samsung ha sido corta, pero intensa. Lo tendré que reemplazar mucho antes de lo previsto. ¿Que se le va a hacer? Todo en la vida es efímero y nada dura para siempre.

Filipa Moreira da Cruz