Été VI

Fleurs d’hortensia
déplié sur le tatami
un plan des rues de Paris.

Sugawa Yôko

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Paris Orly

Reprise

Paris Orly, vide. Les magasins sont fermés. Le duty free ressemble à un supermarché dans un petit village paumé. Pas de touristes bruyants. Aucun « sans contact » pour le désarroi des commerçants.
L’aéroport attend, mais les avions restent collés au sol. Les affiches sont trilingues, mais à quoi bon de faire l’effort si même les japonais sont absents?
Du jamais vu! Paris est à moi!

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Partidas e Chegadas

Reprise

Estação de comboio ou aeroporto
Azáfama, confusão
Do meio de transporte não me ocupo
Viajo com o coração
Despedidas, abraços
Saudades e solidão
Fotografias e retratos
São fonte de inspiração
Recordar é viver
Mas a vida não é um episódio abstrato
As memórias ajudam-nos a ser
Viajantes no tempo e no espaço.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Bienvenue à Paris

Reprise

L’alarme sonne. La circulation est interrompue.
Un accident? Un malaise d’un passager? Un problème technique? Personne ne sait.
La chaleur est presque insupportable, je manque d’air à cause de ce foutu masque!
J’ai à peine fermé l’oeil la veille, emportée par l’appréhension et l’excitation de ce voyage pas comme les autres.
Pourvu que je ne rate pas mon avion.
Les catacombes sont par là, mais on a bien d’autres choses à faire. Pas le temps pour une rencontre avec le passé.
Moi, c’est le présent que je guette.
Le monsieur debout frôle l’impatience. La petite fille regarde dans le vide, à travers la fenêtre sale.
Je ne prête plus attention à ma montre, car je sais que j’arriverai à temps.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Paris, mon amour

Reprise

Cidade luz, capital do amor e do sublime
Nem sei por onde começar porque não quero que termine
Foste casa, brindaste-me com amigos
Ah e viste nascer os meus filhos!
Sempre que penso em ti fico desamparada
Este namoro dura há anos e eu sem ti sou quase nada.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Le sommet

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Étoiles sur le sommet
le village aux vers à soie
dort en silence.

Mizuhara Shûôshi

Paris…sempre!

Reprise

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Desta vez, fui egoísta. Pensei apenas em nós. Há muito tempo que queria agradecer-te publicamente tudo o que me deste. Se estou à espera da melhor ocasião, nunca o farei. Graças a ti, não sou a mesma após os quase 8 anos de vida em comum e as inúmeras visitas relâmpago. Segue-se uma declaração de amor. Em prosa. Porque a vida já é um poema.

Estás suja. Ficas ainda mais cinzenta e triste nos dias de chuva. E isto para não falar na neve! Basta um fino manto branco para que caminhar nos teus passeios se transforme num pesadelo. Abrigas ratos, baratas e pulgas nas tuas catacumbas. As tuas casas são escandalosamente caras e ridículas de tão pequenas. Não tens vergonha?! Parece que estamos no Japão, mas sem a ordem e a higiene imaculadas. E são, precisamente, os habitantes do sol nascente os que mais sofrem com a arrogância dos que em ti vivem e trabalham. Sem tempo, sem paciência, sem vontade.

És a rainha do chique, o apogeu do glamour. Vaidosa, snob e imponente. Única guardiã da torre Eiffel e do Louvre. O relógio do museu d’Orsay deixou há muito de dar a hora certa. Pormenor sem importância. Até porque os comboios já não circulam por esses lados. Os Champs-Elysées resistem ao tempo, mas a sua luz esmoreceu, perdeu o brilho. Tu não te importas e ris-te dos que se ficam pelas artérias que aparecem nos guias turísticos e não conhecem os teus tesouros escondidos. Desafias os mais intrépidos a descobrir o invisível aos olhos dos distraídos: as vilas dentro da cidade.

Chegaste à minha vida tarde, mas és, sem dúvida, a favorita. Antes de ti, Lisboa, Porto, Viana do Castelo, Madrid, Barcelona, Londres, Bolonha, Veneza, Florença, Berlim, Genebra, Nova Iorque, e tantas outras desempenharam, na perfeição, o papel da bem amada. Um amor brando, sem sobressaltos. Contigo foi diferente. Não resisti ao coup de foudre. São poucos os que ficam indiferentes. Uns adoram-te, outros detestam-te. És tudo ou nada. Não fazes as coisas pela metade. Que nem uma mulher fatal disfarçada de senhora da alta burguesia!

Tal como tu, também eu adoro os parisienses. Os genuínos. Aqueles que em ti nasceram e os outros que adotaste como se fossem teus filhos legítimos. Dos que contam as histórias da Lutetia dos romanos, habitada por pescadores que viviam nas margens do Sena. Dos que fogem dos turistas como se fossem a peste. Dos que se perdem nas tuas passagens secretas. Dos que se emocionam com a música barroca nas igrejas. Dos que bebem chá Mariage Frères ou Dammann. Dos que nunca entraram num centro comercial. Dos que alimentam o comércio de bairro.

Como quase todos os que te visitam também gosto de Montmartre, Marais, Saint Germain des Près e do Trocadéro, bairros típicos e incontornáveis. Os passeios nas ruas du Bac, de Rennes, du Commerce, Mouffetard, Bonaparte agasalham-me a alma nos dias mais frios. Ainda me recordo de caminhar até não sentir os pés ao longo da rua Vaugirard (a mais comprida), da Boulevard Raspail ou da avenida Foch (a mais larga). As praças Dauphine, Vosges e Victoire são paragem quase obrigatória cada vez que me escapo dois ou três dias. Percorrer os braços do Sena, perder-me nas ruelas da Île Saint-Louis, começar um livro no jardim Luxemburgo são os caprichos que não dispenso.

Deixei-te há uns anos, mas nunca me abandonaste. É kitsch, eu sei. Mas o amor não conhece tabus. Et moi, je t’aime Paris.

Filipa Moreira da Cruz

Paris, je t’aime!

Reprise

Photo : Filipa Moreira da Cruz

Tu es sale, habitée par des rats, des cafards et des punaises de lit. Tes appartements sont scandaleusement chers et affreusement minuscules. On se croirait au Japon, mais sans l’ordre et l’hygiène immaculées.

Tu deviens grise et laide après une journée de pluie. Et n’en parlons pas de la neige! Un vrai cauchemar! Tu es la reine du chic, gardienne de la tour Eiffel et du Louvre. La pendule n’est plus à l’heure au musée d’Orsay, mais tu t’en moques…bien-sûr! Tu es blasée. Les Champs Élysées perdurent, mais leur lumière est éteinte depuis quelque temps. Et alors?! Tu as tellement de trésors cachés!

Tu es arrivée après les autres, mais tu es ma préférée. Avant toi, Lisboa, Porto, Madrid, Barcelona, Bologna, Venezia, Firenze, Berlin, New York et tant d’autres remplissaient à merveille leur fonction de bien aimée. Hélas, après notre première rencontre, tout a bousculé! Tu ne fais jamais les choses à la moitié! Petite coquine déguisée de vieille dame bourgeoise.

Comm toi, j’aime les parisiens, les vrais. Ceux qu’y sont nés ou tous les autres que tu as adoptés comme tes propres enfants. Ils prennent le temps de nous raconter des histoires de lutece, ils s’arrêtent devant un bel immeuble, ils évitent les quartiers remplis de touristes, ils nous invitent chez eux. Parfois, ils boivent même du thé! On est fait pour s’entendre.

Montmartre, Le Marais, Saint Germain des Près, les villages cachées, les passages secrets. Les rues Bonaparte, du Bac, de Rennes et de Vaugirad (la plus longue). Le boulevard Raspail et l’avenue Foch (la plus large). Les places Dauphine, des Vosges et de la Victoire. Flâner au long de la Seine, se perdre dans l’île Saint Louis, bouquiner dans les jardins des Tuileries, du Luxembourg ou bien dans le parc Monceau.

Je t’ai quitté, mais je ne t’abandonnerai jamais. C’est kitsch, je le sais. Mais tout est permis quand on parle de la ville de l’amour. Et moi, je t’aime.

Filipa Moreira da Cruz

Bienvenue à Paris

L’alarme sonne. La circulation est interrompue.
Un accident? Un malaise d’un passager? Un problème technique? Personne ne sait.
La chaleur est presque insupportable, je manque d’air à cause de ce foutu masque!
J’ai à peine fermé l’oeil la veille, emportée par l’appréhension et l’excitation de ce voyage pas comme les autres.
Pourvu que je ne rate pas mon avion.
Les catacombes sont par là, mais on a bien d’autres choses à faire. Pas le temps pour une rencontre avec le passé.
Moi, c’est le présent que je guette.
Le monsieur debout frôle l’impatience. La petite fille regarde dans le vide, à travers la fenêtre sale.
Je ne prête plus attention à ma montre, car je sais que j’arriverai à temps.

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz

Paris Orly

Paris Orly, vide. Les magasins sont fermés. Le duty free ressemble à un supermarché dans un petit village paumé. Pas de touristes bruyants. Aucun « sans contact » pour le désarroi des commerçants.
L’aéroport attend, mais les avions restent collés au sol. Les affiches sont trilingues, mais à quoi bon de faire l’effort si même les japonais sont absents?
Du jamais vu! Paris est à moi!

Filipa Moreira da Cruz

Photos : Filipa Moreira da Cruz